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8 Franz. SS-Freiwilligen Sturmbrigade

"Quant aux hommes de la Sturmbrigade, ils tenaient à marquer qu'ils étaient d'une espèce différente, bien entendu supérieure, celle des "vrais" SS, des nationaux-socialistes intégraux" Brigadeführer Krukenberg, commandeur de la division Waffen SS Charlemagne (Historia N°32, entretien avec le général Krukenberg par Jean Mabire).

Cette phrase remise dans son contexte s'adresse aux autres composantes de la W-SS française. Comme nous le verrons dans un autre chapitre "La division Charlemagne", les soldats de la LVF, Kriegsmarine et certains miliciens n'étaient pas d'un enthousiasme débordant à l'idée d'appartenir à l'ordre de la Waffen SS, il faut bien le dire les Waffen de la Sturmbrigade sont bien les seuls à avoir reçu la formation militaire complète et surtout comme ils aiment à le souligner : ils étaient les premiers, tous volontaires.

I. LA STURMBRIGADE A SENNHEIM

Voilà une question à laquelle il n'est guère aisé de répondre simplement. Par définition, une brigade est la plus petite des grandes unités, c'est à dire de la réunion de formations de différentes armes et services en une une unité combattante. Une petite division, en quelque sorte. Toutefois, ce type d'unité est exceptionnel tant dans la Wehrmacht que dans la Waffen-SS. Dans cette dernière, il n'existe donc pas d'organisation-type. En plus, cette organisation varie avec le temps et s'avère provisoire, ces brigades étant généralement appelées à devenir divisions !
Ce sont majoritairement des formations de volontaires étrangers. En général, elles alignent 2 régiments d'infanterie, chacun à 2 Btns* en fin de guerre. Outre l'artillerie, etc. Une Sturmbrigade* est par contre l'équivalent d'un régiment renforcé. L'effectif théorique d'une compagnie est également fort variable. Dans l'infanterie en fin de guerre, 150 à 200 h suivant les cas. Impossible de fournir une généralisation.

* Un bataillon est composé de 4 compagnies. Une compagnie étant généralement constituée de 150 à 200 hommes chacune (en théorie).

* Sturmbrigade veut dire brigade d'assaut, unité typiquement Waffen SS.

Les classes à Sennheim

Les premiers éléments à s'engager dans la future Waffen SS française sont issus de la NSKK et ce quelques mois avant la sortie du décret officiel. Ils ne sont qu'une trentaine mais ils seront bientôt rejoins par les "légalistes" ceux ayant préféré l'aval des autorités françaises. André Bayle passe par une autre voie, il raconte : "En mars 1943, après avoir vu passer un camion transportant des jeunes Français partant travailler en Allemagne, je me décide enfin à franchir le pas et me présente au bureau de placement allemand où je manifeste le désir de servir sous l'uniforme. On m'oriente vers un français, le commandant de Saint Martin, qui commande les "SK de la Todt". refusant de servir dans les SK, je souscris alors un engagement provisoire dans les Waffen SS, dans l'attente du décret officiel qui ne paraîtra que le 22 juillet 1943. (Historama N°1, mars 1984.)

A la fin du mois de septembre 1943, 800 français sont présent à Cernay (Sennheim en allemand) puis un millier un mois plus tard. On est assez loin de la division prévue (20.000 soldats) voir même des deux divisions ! et donc sur ordre d'Adolf Hitler lui même, le SS-FHA (SS Fuhrungs-Hauptamt) ramène le 16 septembre 1943 la formation française à l'état de régiment SS (Franzosisches SS-Freiwilligen Grenadier Regiment).

Quelques volontaires peu nombreux vont craqué devant les difficultés et rentrer en France pour devenir recruteur ou travailler au SD. Certaines crapules aux casiers judiciaires chargés n'échappent pas aussi à l'épuration des rangs

Sennheim en Allemagne à l'époque est ni plus ni moins que Cernay maintenant en France (Alsace). Il serait faux de penser que tout fut rasé après la guerre, ces bâtiments présentés sur cette photo sont encore en place. Sur les registres de Sennheim apparait le nom d'un canadien "Français" celui-ci suivra la Sturmbrigade dans les combats aux Carpates.

Sennheim ou Cernay.

A propos du paysage de Sennheim  : "Il semble fait pour le dur labeur. Au nord se trouve le "Hartsmannsweiler". Il porte encore aujourd'hui les traces de la Grande Guerre. Il illustre de façon authentique la fidélité immuable et l'esprit de sacrifice. En bordure de l'école s'étire la ligne des bunkers de 1916-18. A l'est, coule le Rhin, qui est, aujourd'hui comme autrefois, le fleuve qui influe sur le destin de la Germanie. Et au sud commence la Bourgogne fertile, tantôt terre de passage d'expéditions guerrières, tantôt patrie des Germains cherchant un pays, dont les tribus s'éteignirent ou se fondirent dans le monde romain. L'écho de leur victoires sur les Romains et les Huns résonne si fièrement à nos oreilles; les figures de la légende des Nibelungen sont si magnifiques"

d'après "Sennheim, école de formation SS européenne" passage tiré du livre "l'Ordre SS" d'Edwige Thibaut.

L'entraînement est particulièrement pénible mais déjà les meilleurs éléments se distinguent. Les Waffen SS français sont accueillis avec un certain étonnement voir même avec un peu de méfiance de la part des autres W-SS (allemands et autres) mais devant leurs aptitudes (physique et morale pour la W-SS) sans failles, la troupe de Français se fait acceptée bien vite, devenant même la coqueluche de Sennheim. Il faut dire qu'au fil des mois ils deviennent numériquement majoritaire dans le camp. Les grades sont distribués le 20 décembre 1943, après trois mois de formation. Le 6 janvier 1944, 900 permissionnaires en uniforme repartent de la Gare de l'Est après leur permission (qui sera la dernière), Joseph Darnand quelques jours auparavant était là pour les accueillir. Une vingtaine manque au retour de permission.

Les élèves sous-officiers partent pour Posen-Treskau, " les amusements se Sennheim nous apparaîtront comme ceux d'un jardin d'enfants, comparés à l'instruction ici...Mais c'est pour notre plus grand bien. Nos aînés de l'armée française avaient été lamentablement vaincus en quelques semaines. Nous voulions égaler leurs vainqueurs..." André Bayle.  Les futurs officiers partent pour pour Bad-Tölz la célèbre école des cadres de la Waffen SS près de Munich. L'entraînement y est encore plus sévère, le Rottenführer Henri Samson dira même " Cela a été plus que dur : féroce" (Mabire, Brigade Frankreich), attaque de chars, dont certains finissent écrasés sous les chenilles, entraînement à balles réelles, pratique de sport intensif et un parcours du combattant pratiquement inimaginable à notre époque. Il y a aussi la formation idéologique avec des cours dans des lieux qui respirent le mystique (Pour plus d'informations sur ce sujet lire "L'Ordre SS" d'Edwige Thibault aux éditions Avalon). Enfin le régiment se transforme en Sturmbrigade le 1944 et part de Mulhouse à Praha (Prague en République Tchèque) en train. Léon Gaultier venant de Bad Tölz raconte : "Le train roule vers le sud. Direction Beneschau ! Le Far West, pour autant que nous le connaissons...Une gare de pierres qui n'en peuvent plus de vétusté, des quais de planches et une boue énorme, flasque qui s'étend partout et qu'on ne franchit que sur des pavés instables" (Siegfried et le Berrichon, Léon Gaultier). 

Commandeur de la Sturmbrigade : Pierre Cance

Cie d'état major : Obersturmführer Croisile

Officier d'ordonnance : Untersturmführer Scapula

1ère cie : De Tissot - 2ème Cie : Gaultier - 3ème Cie : Fenet - 4ème Cie : Michel - Train : Maudhuit - Santé : Bonnefoy -Armement : Brilard

II. LA STURMBRIGADE EN REPUBLIQUE TCHEQUE

La République Tchèque ne portait pas ce nom en 1943. En effet dès 1938, la Tchécoslovaquie est annexée à l'Allemagne et le pays est morcelé en plusieurs morceaux. Le pays s'appelle donc le "Reichprotektorat Böhmen und Mähren" soit en français, le "Protectorat de Bohème et Moravie". La Bohème et la Moravie étant deux régions de l'actuelle République Tchèque.

Pour une visite !

La République tchèque est bordée à l'ouest par l'Allemagne, au nord par la Pologne, A l'est par la Slovaquie au sud par l'Autriche. Elle est pratiquement au centre de l'Europe. Sa population est d'origine slave mais sa culture est fortement influencée par sa voisine allemande. Elle n'est pas encore à l'Euro et  garde donc comme monnaie la KC, la Korun Ceskych (la couronne). Attention d'une manière générale le touriste est vu comme un tiroir caisse qu'il faut vider.   

Voici la petite bourgade Tchèque de NETVORICE plus connue sous le nom allemand de "Networschitz". Située à une cinquantaine de kilomètres au sud de la capitale Praha (Prague) et à une dizaine de kilomètres de Benesov. Netvorice de nos jours ne présente guère d'intérêt, le village ayant subi de nombreuses transformations est méconnaissable avec ses petits "HLM"  de l'ère communiste et son activité quasi déserte.

NEVEKLOV, "Neweklau", autre lieu de la Sturmbrigade, ne se trouve qu'à une dizaine de kilomètres plus au sud. Neweklau est à l'opposé plus intéressant, le centre bourg est assez bien conservé et facilement identifiable par rapport aux nouvelles constructions. La campagne profonde près de ce village est typique voir magnifique très légèrement vallonnée, inondée de forêts de sapins impressionnants tout cela nous offre une vision assez sauvage comme l'a exactement vécue la brigade française.

Benesov "Beneschau" (axe Praha/Tabor) où se trouvait la SS-Artillerieschule II.

BENESCHAU/Benesov en 1940. Une photo d'époque qui montre bien la campagne de Bohème et surtout dans quel environnement la Sturmbrigade va subir son entraînement avant les combats. 

Mise en place sur le terrain.

La sturmbrigade se rassemble près du village délabré de Networschitz à quelques kilomètres de Beneschau (Benesov en tchèque), dans le protectorat de Bohème-Moravie (République Tchèque), ce village conserve encore quelques commerces. Le Sturmbannführer, Paul Gamory-Dubourdeau, un breton de 59 ans ancien Officier de l'armée française, commande la brigade tandis que le premier bataillon est commandé par l'Haupsturmführer Pierre Cance. Le deuxième bataillon poursuit son instruction dans la région de Könitz à Schwarnegast dans le corridor de Dantzig (Gdantz en Pologne). Pire encore, la section de FLAK du premier bataillon est envoyée en stage à Munich, celle-ci ne reverra plus la brigade mais reviendra pour la future division Charlemagne à l'automne 1944.

La compagnie de Flak de la Sturmbrigade. Basée à Neweklau (Neveklov). le 25 avril 1944, elle part pour Munich en formation avec le régiment d'instruction et de dépot de la Flak SS -Caserne Freimann Ingolstraderstrasse München- L'instructeur allemand est le SS-Ustuf Jauss, le commandant est l'Ostuf Mortain qui est remplacé le 23/04/1944 par Guignard et l'Oberjunker Fayard commande la 1ère section. La compagnie Flak comprend 36 sous-officiers et 111 hommes.

Encore une fois une dernière sélection doit être effectuée, les casiers judiciaires sont arrivés. Pour les voleurs et les proxénètes, c'est le camp de concentration (une vingtaine) dans une section réservée au SS où ils retrouvent quelques parisiens du centre de recrutement du Recteur Poincaré, accusés de délits les plus divers, depuis le détournement de colis jusqu'à la transmission à la résistance de liste de volontaires SS. Parmi les mutés en KZ se trouve un ancien condamné de droit commun, qui avait profité d'une permission en France pour détrousser quelques juifs ! Les saboteurs (infiltration de la résistance) sont exécutés. Une mésaventure avec une division de SS bosniaques, infiltrée par des partisans communistes, tourna en bain de sang d'officiers Germaniques à Villefranche de Rouergue. Les Allemands ne voulaient pas que cela se reproduise. La "Frankreich" dispose même d'une terrible section disciplinaire qui sera dissoute au moment de la montée au front, l'adjudant qui la commandait restera au dépôt sur ordre de "peur" qu'il ne soit abattu d'une balle dans le dos par ses propres hommes.

Mars 1944. La formation française devient un régiment d'artillerie lourde motorisé. Schw.Franz.SS-Freiw.Artillerie RGT (mot) 500. Ce qui n'est franchement du goût des Français qui feront preuve de mauvaise volonté pour faire changer d'avis les allemands, ils y parviendront.

Mais l'ambiance, dans le froid et la misère, est mauvaise. Le manque de nourriture et de matériel devient angoissant. La SS française se constitue péniblement. Les hommes répondent de moins en moins, remontés certainement par un individu. Une enquête est menée qui permet de découvrir le coupable, le type même de l'idiot qui s'engage dans tous les coups durs et qui veut jouer les fortes têtes. Les preuves sont contre lui : il avait l'imprudence de tenir ses exploits sur un journal ! Il est enfermé dans une baraque abandonnée surveillé par un homme en arme avant d'être normalement envoyé en camps de concentration. Il meurt finalement abattu d'une balle dans le ventre après une tentative d'évasion. Le SS Schütze Maurette (le planton) est nommé Sturmmann.

Avril 1944. création de la Franz.SS-Freiwilligen-Sturmbrigade. Le régiment d'artillerie est donc finalement transformé en brigade d'assaut.

Les hommes de la Frankreich sont entraînés comme Panzergrenadiere, c'est à dire "grenadiers blindés". Puis le bataillon Cance quitte Networschitz pour Neweklau une dizaine de kilomètres plus loin, bourgade plus confortable naguère utilisée par les SS wallons du belge Léon Degrelle. (Il est intéressant de visiter la petite église qui est encore en place lorsqu'on connaît le sens religieux des W-SS Wallons mais aussi de quelques Français de la Brigade d'assaut).

La neige dure jusqu'en mai, les sous officiers ont fait coudre les poches des capotes et font enlever les gants de laine pour les séances de maniement d'armes qui durent des heures. Le poids moyen des volontaires descend en dessous de 60 kilos. Les écussons tricolores arrivent et les premiers à les porter seront les instructeurs allemands, les derniers seront les Alsaciens. Ce bataillon fort de de trois compagnies de combat et d'unité d'appui soit 20 officiers et 980 hommes, sera mis en route pour le front le 29 juillet 1944.

 

III. LA STURMBRIGADE EN GALICIE (Pologne)

Toute La Brigade d'Assaut française ne sera pas mise en action en Galicie,  seul le Ier Bataillon d'environ 1000 hommes commandés par le SS-Freiwillge Haupsturmführer Pierre Cance part au combat. Le reste de la Sturmbrigade toujours aux ordres du SS-Freiwillige Obersturmbannführer Paul Gamory-Dubourdeau reste en Bohème.

Le 28 juillet 1944 République Tchèque, l’ordre est arrivé

« la deuxième compagnie se présentera en équipement de guerre à 1 heure le 29 au point sud de Neweklau, route de Beneschau. D’autres ordres seront communiqués à l’étape… » Léon Gaultier

Partie en train, la Sturmbrigade mettra de longs jours avant de rejoindre le front. Passant par la Slovaquie, la Hongrie puis l'Ukraine ils croiseront aussi de nombreux convois militaires tous autant surpris de voir des W-SS français !! "Aux arrêts, la population vient nous offrir des fleurs et du pain blanc, que nous n'avons plus vu depuis le début de la guerre" Bayle

Le 5 août, après un voyage d’une semaine en chemin de fer le bataillon arrive finalement dans la ville de Turka, en Ukraine actuellement, située entre Sambor (Sambir en Ukrainien) et Uzghorod, aux sources du Dniestr.

les troupes débarquent et les volontaires partent à pied en fin d'après midi pour plusieurs heures de marche à travers les Beskides. "la poussière et la chaleur devinrent bientôt insupportables. Couvert de sueur, chargés d'un équipement lourd et d'armes qui pesaient de plus en plus, creusant la chair, ils cessèrent petit à petit de chanter" "Pour l'Europe" de Robert Forbes.

Ils sont rattachés à la 18ème Division SS Horst Wessel (voir l'historique plus bas), là encore l'accueil est excellent. Au passage la Sturmbrigade devient le IVe Bataillon du SS-Kampfgruppe Schäffer. Les russes ont creusé une poche qui menace les arrières de la Horst Wessel, le général Wirtz prétend la réduire en prenant l'offensive au sud du couloir par lequel affluent hommes et matériel ennemis. Mais il dispose que de quelques unités de la Wehrmacht rescapées des combats d'Ukraine et du 40ème régiment du commandant Schaeffer, chevalier de la croix de fer

Schaeffer se bat sans relâche depuis quelques mois, à un contre dix pour les soldats, un contre cent pour le matériel et ne possède plus qu'un bataillon de chars lourds "Tigre", un de chars Panther, un groupe d'artillerie de trois batteries, deux compagnies d'infanterie comprenant une centaine d'hommes valides ! La brigade d'assaut française qui lui est rattachée, en fait, l'absorbe, avec ses mille combattants. Le 8 août 1944, le bataillon rejoint en camion Sanok (Pologne donc plus à l'Ouest de 90km).

" La Galicie est un pays en forme de croissant, entre la Vistule et le Dniestr, entre la Silésie et la Bukovine. ce pays s'accroche au pied des Carpates. C'est une ancienne province de l'empire austro-hongrois. Le nom de Galicie (en Ukrainien) vient de Halicz ou Galitsch qui était autrefois le centre du duché de la Prusse. En 1944, la Galicie de l'est constitue le district de "Galizien" dans le gouvernement fédéral de Pologne. En 1943, il compte 4,7 millions d'habitants. Lemberg, Lvov en polonais ou Lviv en ukrainien était la troisième ville de l'ancienne Pologne avec 350.000 habitants. Lemberg dont le nom signifie "Löwemberg", le "château du lion". la Galicie est alors une région délaissée sur le plan économique avec de mauvais chemins. C'est une pauvre terre rurale dont la population utilise encore des instruments aratoires primitifs. La population est ukrainienne à l'origine, les apports polonais y sont très récents. En 1943, 1 million de Polonais habitent dans le district de Galicie pour 3,5 millions d'Ukrainiens. Un pourcentage important de la population est israélite, cette population constitue environ 32% des habitants de Lemberg. La population se rappelle alors la terreur de 1939 à 1941, les caves sanglantes du NKVD de Lemberg où des milliers d'Ukrainiens et de Polonais furent assassinés par les troupes soviétiques du NKVD, et parmi eux, beaucoup de juifs." un Waffen SS Allemand.

"Galicie" à ne pas confondre avec la "Galice" terre celtique en Espagne. Halychyna en Ukrainien/Galizien en Allemand/Galicja en Polonais.

Les combats du saillant de Sanok du 8 au 15 août 1944

8 août 1944.

Dans la forêt de Dudynce, la 3ème compagnie de l'Obersturmführer Fenet monte enfin en ligne la  première, équipée de Panzerfaust (sorte de bazooka allemand très efficace).

9 août 1944.

Le premier mort sera le jeune Sturmmann Delattre, 1ère section de la 3ème compagnie, tué le 9 août dans un village, il commandait un groupe de combat.

10 août 1944.

La première et deuxième compagnie de la Brigade entrent elle aussi en scène après une bonne journée de marche. La deuxième compagnie est touchée à sa tête, l' Untersturmführer Léon Gaultier en arrivant sur ses positions est gravement blessé par un éclat d'obus, le bassin est brisé et le poumon perforé il raconte sa blessure : "Nous nous sommes levés pour bondir vers la compagnie. Vloc ! je boule comme un lapin - qu'est ce que c'est ? je me relève, du sang dans la bouche ! Qu'est ce qui m'arrive ? je me dresse. Le danger ? Mes garçons ont déguerpi. je cours trois mètres. ce bruit des obus et des balles de mitrailleuse ! J'ai la bouche pleine de sang. Bon dieu ! D'où ça peut venir ? Un picotement derrière l'omoplate droite...Mes jambes ne tiennent plus. Allons, bon ! Il ne manquait plus que ça !" Léon Gaultier. Bartolomei le remplace.

Les combats font rage partout et la sturmbrigade perd rapidement trois chefs de section, Mulier tenant ses tripes dans un casque, Pinsard-Berthaz, Hag gisent dans un champ leurs corps criblés d'éclats de mortiers. Mais après cette journée catastrophique le front est stabilisé.

Photo ci-contre : L'église de Dudynce d'abord tenue par des partisans armés de fusil à lunette, qui occasionneront des pertes dans les rangs français, l'église devient après sa prise un poste de secours pour les Français. 
le 10 août 1944 la brigade prend le nom de Waffen-Grenadier-Brigade der SS Charlemagne (Franz.Nr1)

11 août 1944

Les SS français consolident leurs positions et anéantissent au passage quelques patrouilles Russes tentant de s'infiltrer. 

12 août 1944

La brigade contre-attaque avec la Horst Wessel, objectif  ? La ligne de chemin de fer Cracovie/Sanok. Les russes sous la tempête reculent, la charge se fait parfois à la baïonnette comme en 14 !

13 août 1944

La Brigade d'Assaut enterre ses morts.

14 août 1944

Les Russes tentent sous une pluie d'obus à enfoncer la ligne tenue par les SS Français, sans succès. Le Standarten Oberjunker Peyron dont le crâne, casque compris, a été ouvert par un éclat d'obus. Peyron l'officier W-SS tué, c'est le premier de son rang. Il est enterré dans le village de Wolica.

15 août 1944.

Finalement le bataillon Cance descend des lignes après avoir subi de lourdes pertes, 10% sont tués ou blessés soit 120 hommes sur 1200. Mais le front se fissure partout, la Frankreich doit quitter le secteur de Sanok, pour celui de Miliec, 100 km au nord-ouest de Sanok. Les canons, mortiers et avions à l'étoile rouge continuant à les harceler.

Historique du Kampfgruppe "schäfer" de la 18. SS-Freiwilligen-Panzer-Grenadier-Division "Horst Wessel"

La division "Horst Wessel" est créee le 25 janvier 1944 à partir de la 1.SS-Infanterie-Brigade (mot.). cette dernière avait été formée au cours de l'été 1941 à partir des SS-Totenkopf-Standarten 8 et 10 et engagé sur le front de l'Est jusqu'à la fin de l'année 1943. Au cours de l'été 1944, un kampfgruppe, issu du SS-Pz.Gren.Rgt 40 et commandé par le SS-Sturmbannfuhrer Ernst Schäfer, est détaché de la division et envoyé sur le front de L'Est dans le secteur de Lvov. Ce kampfgruppe combat en Galicie tout au long du mois d'août 1944 avec le XXIV.Pz.K de la 1.Pz.Armee puis avec le XXIV. Pz.K de la 17. Armee. Il subit de lourdes pertes lors des combats de la poche de Sanok au cours desquel il reçoit le renfort du I.Bataillon de la Sturmbrigade Frankreich, commandé par le SS-Haupsturmführer Pierre Cance. Le 19 août, le kampfgruppe Schäfer est transporté par camion au nord-ouest de Mielec, où il reçoit la charge d'un secteur le long de la Visloka. Il combat ensuite dans la région de Lvov. A la fin du mois, il est signalé dans la région de Dubrovka. A cette époque le kampfgruppe détache un bataillon renforcé en Slovaquie. cette unité participe à la répression de l'insurrection slovaque auc côtés de la division "reichfuhrer SS". Le 13 mars 1945, le kampfgruppe est intégré dans un kampfgruppe de la 371 I.D... (texte d'après le "Dictionnaire Historique de la waffen SS" de Georges Bernage et François de Lannoy, ISBN 2 84048 1119 7, éditions Heimdal, Chateau de Damigny, BP 61350 F 14406 Bayeux)

Les combats de Visloka du 20 au 24 août 1944.

Dépaysement total avec cette maison typique mais pourtant magnifique

20 août 1944.

L'unité SS arrive sur son secteur, à une centaine de kilomètres au nord-ouest de Sanok, sur une rivière, la Visloka facilement traversable à gué. La bataille est de plus en plus terrible. Les nouvelles sont très mauvaises. Les lignes à droite et à gauche de la Frankreich sont enfoncées, la formation française est menacée d'encerclement ! Les chars se mettent de la partie, on combat au corps à corps près du village de Radommysl mais aussi dans son cimetière. Henri Kreutzer, ses Français de la PAK et quelques camarades Allemands, soit une trentaine de combattants tenant ce secteur clé doivent tenir ! tenir pour sauver la Waffen SS française dont les tenailles annoncent l'anéantissement pur et simple. Les Stukas viennent aider les français qui en ont terriblement besoin. Les morts encore une fois sont nombreux et les russes, malins, préfèrent se frotter à la Wehrmacht démoralisée et enfoncer les positions. Kreutzer tiendra sa mission jusqu'au bout mais avant il recevra un éclat d'obus qui lui arrachera l'épaule, une croix de fer à l'Oberjunker qui survivra à la guerre.

21 août 1944.

Les trois compagnies de grenadiers retraitent à travers les forêts. C'est au tour de Noël de Tissot de disparaître, perdu avec ses hommes il se réfugie dans un village mais tombent nez à nez avec des russes au petit matin, violent combat, de Tissot meurt dans les premiers et son corps disparaîtra. La seule compagnie à tenir est celle de d'Henri Fenet, la 3ème compagnie, mais la section Laschett totalement encerclée est malheureusement faite prisonnière dans la région de Mokré, internée au camp de concentration de Tambow, où, parmi d'autres, son chef mourra d'épuisement, dans les premières semaines de 1945. Ce 21 août 1944, chaque compagnie a perdu les trois quarts de ses hommes, blessés ou tués.

22 août 1944.

Le Haupsturmführer Cance a réussi à récupérer quelques isolés et surtout les survivants de la 2ème compagnie. En tout une grosse centaine d'hommes qui ont pour mission de tenir un carrefour encore douze heures ! Tout le monde doit combattre maintenant , les pionniers et les secrétaires, les chauffeurs et autres téléphonistes. Cance donne l'exemple et s'empare d'un pistolet-mitrailleur pour conduire lui-même les contre-attaques. Les Russes sont signalés à 10 kilomètres mais derrière les lignes ! La Sturmbrigade est une nouvelle fois encerclée. Le village de Mokré devient une fournaise, sans cesse pilonnée par les pièces russes. Les toits de chaume brûlent avec de grands panaches de fumée noire.  La Brigade décroche en ordre pour mieux la réorganisé par la suite mais durant la nuit la confusion s'installe... Les sections sont complètement isolées.

23 août 1944.

L'Obersturmführer Fenet et ses hommes se battent isolé avec une unité de la Wehrmacht à Debica. L'Oberjunker Chapy récupère des sections isolés de la 1ère et 3ème compagnie et maintenant sous forme d'une Kampfgruppe défend Dubrowka. Lambert tient toujours Mokré avec des isolés et des rescapés de la 2ème compagnie. Le commandeur Cance, MP40 au poing se bat toute la journée et sera évacué après sa troisième blessure !  Son officier d'ordonnance Scapula est tué tout comme Le Marquer et l'officier de liaison allemand Reiche. Lambert qui défend Mokré meurt en fin de journée un éclat d'obus lui ayant ouvert la poitrine jusqu'au coeur. 

 24 août 1944

Les survivants sont rassemblés dans la forêt de Tarnow. La Sturmbrigade est pratiquement anéantie. Il ne reste plus que 10% d'hommes valides, 140 soldats encore en état de combattre, 130 tués, 50 prisonniers environs mais surtout 660 blessés. Le premier bataillon de la Frankreich est cité à l'ordre de la division SS Horst Wessel. Cinquante-huit Croix de Fer, seront accordées souvent à titre posthume. 

Le SS-Haupsturmführer Cance

Le SS-Haupsturmführer Pierre Cance, blessé au genou sera nommé à l'issu des combats SS-Sturmbannführer. En convalescence à Sigmaringen. Il avait été désigné pour prendre le commandement du Rgt 57 de la future division Charlemagne. Il sera déclaré inapte après la visite médicale, en fait une manoeuvre organisé par le futur commandant de la division "Charlemagne" le SS-Brigadeführer Krukenberg (mort en 1980). Il deviendra instructeur à Neweklau (CZ), annexe de la SS-Junkerschule de Kienschlag et continue à rester en rapports avec Joseph Darnand dont il fut autrefois l'adjoint à la milice. Cance recevra la mission d'aider les miliciens français à déserter la waffen SS, à coup de millions de marks il tenta d'acheter les hommes à Krukenberg ! Cance souhaitait acheter un bateau pour filer avec ses miliciens en Suède. Krukenberg refuse sous le coup de la colère il ordonne l'officier SS de se rendre au SS Hauptamt de Berlin qu'il quittera avant l'encerclement par les Russes. Il sera finalement capturé par les anglais dans le nord de l'Allemagne au mois de juin et livré à la France. Condamné à mort pour son rôle dans la milice et la Waffen SS, il sera finalement gracié après de longues années de prison...

Septembre 1944

Le reste du Ier bataillon de la Sturmbrigade part pour les villes de Bruss et Schwarnegast dans le corridor de Dantzig. Le 2ème bataillon en provenance de Neweklau va bientôt les rejoindre. En République Tchèque, la formation de la Waffen SS française continue surtout pour le 2ème bataillon. Certaines formations, comme par exemple la section de pionnier des compagnies d'état major des régiments 57 et 58 sont à Hradischko, où se trouve l'école de Génie du camp de Beneschau. Mais c'est ailleurs que se joue le destin des volontaires français car c'est Greifenberg en Poméranie et ancien dépôt de la LVF, que la Sturmbrigade et la base du Ve bataillon français d'instruction et de dépôt vont permettre la création de la future division française de la Waffen SS : la division Charlemagne

 


http://www.division-charlemagne.net

 Site d'Histoire sur les formations françaises engagées sous l'uniforme européen de la Waffen SS, les SS Français. De la Französisches SS-Freiwilligen-Grenadier-Regiment,  Französisches SS-Freiwilligen-Sturmbrigade (dite Brigade Frankreich), 33.Waffen-Grenadier-Division der SS "Charlemagne" (franz.Nr.1) (Dite Division Charlemagne) au Französisches freiwilligen-Sturm-Regiment der SS "Charlemagne".